En février chez Saxo

Nimbus, Jan Eldredge, trad. Sarah Idrissi

Il ne faut certes pas juger un livre à sa couverture, mais j’avoue que celle-ci m’a immédiatement fait de l’œil quand j’ai vu passer le titre, ce qui m’a aussitôt motivé à le lire. Et puis je l’ai dévoré d’une traite, parce que cette histoire de chatonne abandonnée qui va tout faire pour retrouver son petit humain de compagnie, le savant dosage d’aventures et de magie et cette sorte de quête initiatique porteuse de nombreux messages facilement transmissibles à l’humain (abandon, injustice, maltraitance, etc.), ainsi que la qualité de la plume de l’autrice (bien servie par celle de Sarah) en ont fait un coup de cœur instantané. Je ne sais pas si un projet d’adaptation est dans les tuyaux, mais j’ai l’impression d’avoir vu un film d’animation destiné aux enfants que les parents adorent regarder avec eux.

Ne pas déranger les dragons (Do Not Disturb the Dragons), Michelle Robinson/Sharon Davey, trad. Marion Roman

Tu vas me dire « Un livre de princesses avec des dragons pour les petites filles, c’est déjà vu et revu », et je vais te répondre que oui, certes. Sauf que. Ici, les princesses ne s’accommodent pas de leur sort dans ce royaume pétri de règles et d’interdictions (NE PAS déranger les dragons ; NE PAS traîner derrière une licorne ; NE PAS dire de gros mots ; NE PAS jouer au trolley-ball), mais elles se rebellent, se déguisent en chevalier, portent le pantalon et n’hésitent pas à déranger les dragons, parce que « les règles, c’est pourri, nous on fait ce qu’on a envie ». On n’est pas au pays de l’empereur Tomato-Ketchup, mais les enfants sont quand mêmes rois, et ils font la loi. De vraies graines d’anarchistes et de féministes. Le tout égayé d’illustrations hilarantes, et porté par une traduction où les trouvailles sont nombreuses (bravo Marion !), car les jeux de mots et les néologismes sont à toutes les pages. Un délice de lecture accompagnée (ou de première lecture autonome de roman).

Starminster, Megan Hopkins, trad. Marie de Prémonville

Un début de trilogie palpitant, dans lequel on découvre qu’il existe une version invisible de Londres, qui abrite une école de vol pour les Librae, ces humains pourvus d’ailes. C’est plutôt une grande nouvelle pour Astrid, enfermée dans un cabanon depuis sa naissance pour la protéger des dangers du monde extérieur, et qui va découvrir la liberté et rencontrer enfin des enfants de son âge. Sous couvert de fantasy et de mystère (une histoire de disparitions en série), le texte aborde des thématiques particulièrement fortes et touchantes (les relations parents-enfants, l’isolement social, les déchirements de l’adolescence, etc.) avec énormément de poésie et de délicatesse. Il fallait donc pour ce texte une traduction poétique et délicate, dont Marie s’est acquittée à merveille, comme d’habitude. Et puis, cette couverture…

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