Bilan 2024 en chiffres et en lettres

Comme prévu, mon activité de traducteur a été bien ralentie cette année par mon autre full-time job, mais j’ai quand même réussi à bosser un peu (voire beaucoup, avec quelques semaines doubles). Mais, à l’instar de Marie-Pierre Casey, je ferai pas ça tous les ans.

Les publications

Elles auront donc été au nombre de 8 cette année, chiffre assez conforme à mon rythme de croisière depuis plusieurs années (9 en 2021, 7 en 2022, 8 en 2023). Mais plusieurs de ces traductions ont été achevées en 2023, ce qui peut expliquer cet impact moindre de la reprise d’un boulot salarié.

Au menu, et par ordre chronologique, De Saxus (deux fois), Pygmalion, PKJ (deux fois), HarperCollins, Sabran et Larousse Jeunesse (une première me concernant). Un début de série (dont je n’ai malheureusement pas pu assurer les tomes 2 et 3), deux fins de série (plus une suite en suspens), deux livres seuls, une anthologie et un reboot, du très jeune, du moins jeune et de l’adulte, il y en a vraiment pour tous les goûts.

En voici donc la liste complète et à peine détaillée pour cause de flemme :

De la fantasy avec une déicide en héroïne principale et un world-building assez touffu. Le tome 2 est sorti en français sous la plume d’Antoine Monvoisin, le troisième est prévu au printemps (au moins en VO).

Dernier tome de la trilogie Scholomance, où l’on sort de l’école pour la première fois.

De la fantasy pour la jeunesse, avec des dragons, des assassins et du sang royal.

Un stand-alone pour jeunes adultes, sur fond de catastrophe aérienne.

Ultime (?) enquête en pantoufles de Trudy Loveday, jeune policière, et Clement Ryder, vieux coroner atteint de la maladie de Parkinson, dans un Oxford délicieusement suranné.

De la fantasy historique nordique, pleine de vikings et de magie.

Une anthologie regroupant des versions condensées des textes fondateurs de la littérature horrifique (Dracula, Frankenstein, Sleepy Hollow…).

Une année sans Samantha serait une année ratée, je suis donc particulièrement heureux de ce reboot ! Il ne s’agit pas seulement d’une révision de traduction, mais bel et bien d’une nouvelle traduction.

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Une fois encore, j’ai fait le grand écart entre des parutions très courtes (83 000 signes pour Les Grands Classiques de l’horreur) et d’autres beaucoup plus longues (1 220 000 signes pour Bone Season), j’ai navigué entre différents genres et différentes tranches d’âge, et j’ai pris un vrai plaisir à traduire une telle diversité de textes !

Les travaux de 2024

Godkiller, Les Enclaves dorées et Dragon Assassin 2 ont été traduits en 2023, de même que Sans laisser de traces et Dernière danse à Oxford. Seuls Le sort qui nous lie (864 000 signes), Les Grands Classiques (83 000) et Bone Season (1 220 000) ont donc été traduits et publiés dans l’année.

À part ça, j’ai rendu deux autres trad (Bone Season 2 – 1 064 000, qui devrait sortir le 9 janvier, ainsi qu’un recueil pas encore annoncé –  760 000 signes je crois), et deux grosses révisions que je ne peux pas trop comptabiliser en traduction. Environ 4 M de signes traduits donc, malgré des semaines à rallonge, c’est à la fois beaucoup et pas beaucoup (j’étais à 6 M environ quand je ne faisais que ça). Et je sors de l’année vraiment éreinté, mais quand même satisfait.

Et à part ça ?

J’ai tout juste évoqué ma reprise de carrière d’éditeur pour Saxo, la maison jeunesse d’Eilean Books. Cette info a malgré tout toute sa place sur ce site, puisque je fais de nouveau travailler des traductrices et traducteurs. Au bilan de cette année, 11 traductions publiées, avec quatre traductrices différentes. Mais déjà plein de nouveaux titres en cours (voire en BAT), avec neuf autres traductrices et un traducteur, dont je te parlerai en temps voulu.

Au menu, il y a eu :

La Maison à l’orée de la magie (The House At The Edge of Magic, Amy Sparkes, trad. Marie de Prémonville)

Une très chouette tétralogie mêlant magie, aventures et humour absurde, où une jeune voleuse se retrouve confrontée à une malédiction qu’elle doit résoudre pour sauver une ribambelle de personnages plus délirants les uns que les autres. Et pour démarrer cette nouvelle aventure, je me suis tournée vers une grande amie et brillante traductrice auprès de laquelle j’ai beaucoup appris lors de ma première expérience d’éditeur dans les années 2000, Marie de Prémonville. Ça a été un vrai bonheur de reprendre une collaboration après toutes ces années et de retrouver sa précision et sa délicatesse dans le choix des mots. Le tout en tenant des délais plus que serrés !

L’École secrète des dragons (Die geheime Drachenschule, Emily Skye, trad. Lyse Leroy)

Je ne connaissais personnellement qu’un seul traducteur de l’allemand, qui n’était malheureusement pas disponible pour cette heptalogie, dont trois tomes sont sortis en 2024. Quelque part, ça a été un mal pour un bien, car cela m’a donné l’occasion de faire la connaissance de Lyse Leroy, dont je ne connaissais pas le travail mais que j’ai appris à découvrir au fil des tomes. Là encore, sa plume est toujours très fluide et agréable à lire, et elle parvient à soutenir le rythme imposé par la publication rapide des tomes que nous voulions offrir aux lecteurs français. Ces petits veinards ont donc la chance de pouvoir suivre, presque en temps réel, la scolarité d’Henry, jeune dragonnier recruté par une école mystérieuse où les dangers sont nombreux ! Des romans très joliment illustrés par Pascal Nödler, dont la pagination augmente comme il se doit au fil des tomes.

Le Magicien dans mon cabanon (The Wizard in my Shed, Simon Farnaby, trad. Marie de Prémonville)

Sans doute mon coup de cœur de l’année ! Quand j’ai lu la VO, je me suis régulièrement demandé comment je traduirais tel ou tel passage, car une grosse partie de l’humour du texte repose sur un jeu sur la langue (un magicien de l’Âge Sombre se retrouve précipité au XXIe siècle, et il n’a pas la réf). Alexandre Astier n’étant pas disponible sous prétexte qu’il préférait réaliser Kaamelott 2 et 3, je me suis de nouveau tourné vers Marie de Prémonville, qui a magnifiquement adapté le langage de Myrddin le Sauvage. Entre ça, les petits poèmes à la fin de chaque chapitre et les nombreuses références culturelles qu’il a fallu rendre accessibles à un public francophone, je suis tout époustifaré par son boulot sur ce diptyque (« ptique ») !

Les Fantômes d’Aveline Jones (The Haunting of Aveline Jones, Phil Hickes, trad. Florence Moreau)

Celui-ci est un bouquin d’Halloween tout en ambiance, qui donne des frissons à qui le lit dans une maison qui grince (et même dans une maison qui ne grince pas), et c’est Florence Moreau qui s’est chargée de rendre merveilleusement toutes ces bourrasques chargées d’embruns qu’Aveline rencontre à Malmouth, où elle passe des vacances chez sa tante et découvre un recueil de légendes locales dont une a été mystérieusement biffée par son ancienne propriétaire…

Magicalia (Jennifer Bell, trad. Marion Roman)

Premier tome d’une tétralogie à mi-chemin entre Indiana Jones et les Pokémons. Oui, ça fait une sacrée distance à parcourir pour rallier les deux, mais c’est tout à fait possible, comme le prouvent Jennifer Bell et sa remarquable traductrice française, Marion Roman. L’une des principales difficultés de ce texte venait du nom des innombrables créatures créées par l’autrice pour la série, et Marion a relevé le défi avec brio.

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À toutes, j’adresse un grand merci, ainsi qu’à celui et celles qui attendent, parfois depuis longtemps (un grand coucou à Sarah Idrissi, l’une de mes premières collaborations – dès septembre 2023 – dont le travail n’a pas encore pu paraître, mais je te donne rendez-vous au mois de février !), et dont j’aurai l’occasion de te parler un peu plus tard dans l’année. Le programme 2025 va être incroyable (et ne pourrait pas voir le jour sans l’aide et plus que ça de Joy Andriamahazo, coéquipière de choc dans l’aventure Saxo), et le casting en traduction est aux petits oignons !

What’s next ?

Pour l’instant, en traduction, je ne vois guère plus loin que le rendu de The Dark Mirror, le cinquième tome de The Bone Season, qui va m’occuper encore pas mal de temps. Rendez-vous dans un an, donc, pour le prochain bilan !

2 commentaires sur « Bilan 2024 en chiffres et en lettres »

  1. longtemps que je n’étais pas venue sur ce blog et ça m’avait manqué c’est tellement intéressant !! j’adore en savoir plus sur le monde de la traduction x)) (en plus je suis en prépa cette année et on commence à en faire en anglais et allemand j’ai extrêmement hâte hehe) 💫 bonne journée !

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