On ne peut pas dire que l’année commence en fanfare, et je ne suis pas loin de penser que c’est la première fois que ma première trad de l’année sort aussi tardivement, mais comme je te le disais lors du dernier bilan, j’ai quand même bien ralenti le rythme ces derniers temps. Or donc, les affaires reprennent, et a paru le 16 avril L’Académie, de T.Z. Layton, le premier tome d’une série sur le foot qui arrive à temps pour la coupe du monde. Pour ne pas trop te faire languir, sache que le tome 2 est d’ores et déjà annoncé en mai et que le 3 (déjà traduit) ne saurait tarder derrière. 6 bouquins existent en anglais, j’espère qu’on ira au bout (je compte donc sur toi pour l’acheter et l’offrir à ton fils, ta nièce, tes petits-enfants, ta cousine qui ne lit pas beaucoup, ton beauf qui se destinait à une grande carrière, mais les croisés, tu connais). L’éditeur d’origine indique à partir de 7 ans, mais le roman est relativement long (400 pages) et il n’y a pas d’illustrations, ça me semble donc un peu optimiste. PKJ le recommande aux 10+, ce qui me paraît plus raisonnable. Mais le protagoniste est plus âgé que ça (si je ne dis pas de bêtise, il a 13 ans dans le premier tome, 14 dans le troisième), je pense donc que n’importe quel collégien (ou n’importe quelle collégienne, d’autant qu’il y a plusieurs personnages féminins centraux, dont une joueuse qui arrive dans le T2) voire lycéen.ne peut s’en emparer facilement (à condition de ne pas être allergique au foot, même si cela ne se résume pas à ça : on y trouve aussi les problématiques de l’intégration, du deuil, de l’expatriation – et donc d’une forme de racisme –, de l’éloignement familial, etc.). L’auteur est lui-même papa de jeunes footballeurs, entraîneur chez les petits, ancien joueur universitaire et fan de toujours de ce sport, il s’y connaît donc plutôt bien (même s’il est américain, ce pour quoi le héros va régulièrement se faire railler).
En résumé
Leo, 13 ans, ne jure que par le foot. Il est le meilleur joueur et buteur de son équipe loisir d’un petit bled de l’Ohio, ce qui lui vaut d’être repéré par le recruteur d’un grand club anglais, qui cherche les pépites de demain pour participer au stage d’été des Dragons de Londres (équipe fictive, dont les pros sont censés jouer en Premier League, la première division anglaise). Sauf que loisir + bled + États-Unis = un univers d’écart avec les autres joueurs issus de clubs huppés du monde entier et ayant l’habitude de participer à des compétitions bien plus relevées. Et sur les 200 et quelques stagiaires sélectionnés, seuls 11 auront la chance d’intégrer ledit centre de formation et de mettre un premier pied dans le monde professionnel.
Pour l’anecdote
C’est un roman que j’avais repéré pour Saxo et que j’aurais bien aimé publier en vue de la coupe du monde, mais je l’ai vu passer trop tard et les droits étaient déjà cédés. Par chance, j’ai pu me positionner assez tôt auprès de l’éditrice acquisitive chez PKJ, ouf : j’étais certain que mon grand adorerait, et c’est effectivement le cas.
Difficultés
Le roman est écrit sous forme de pseudo-journal, à la première personne, donc. Mais Leo commence par une petite note introductive dans laquelle il explique que certains des événements se sont déjà produits, mais qu’il ne connaît pas encore la fin de l’histoire, j’ai donc rapidement éliminé le passé simple et longtemps hésité entre le présent et le passé composé, avant d’opter finalement pour celui-ci pour respecter l’antériorité de l’essentiel du bouquin par rapport à certains passages.
Il y a par ailleurs de nombreuses scènes de matchs, où le risque de répétitions (et de lassitude) est important, il m’a donc fallu tenter de varier les termes (sans trop en faire non plus, parce qu’il n’existe pas dix mille manières d’appeler une passe ou une contre-attaque) et de rendre ces passages aussi dynamiques que possible.
Le roman s’adresse avant tout aux amateurs de foot, il fallait donc piocher régulièrement dans le lexique consacré et imiter le style des commentateurs télé, mais ne pas tomber dans l’excès inverse pour ne pas dégoûter les néophytes ou les non-passionnés. Bref, un petit équilibre à trouver, mais rien d’insurmontable.
T.Z. Layton, L’Académie (The Academy), PKJ, 16 avril 2026 (494 000 signes)
