Voici donc le deuxième tome – paru le 9 mars – de cette trilogie de Colleen Oakes centrée sur la reine de cœur d’Alice au pays des merveilles. Je reprendrai en incipit la citation inscrite sur le rabat du bouquin : « Chaque “bon méchant” mérite son histoire, et Colleen Oakes nous offre un aperçu fascinant du passé complexe et déchirant de la reine de cœur avant qu’elle ne sombre dans la folie. » (Bulletin of the Center for Children’s Books)
Car en guise de fanfiction, l’autrice a effectivement décidé de se concentrer sur la genèse d’un personnage secondaire, dont on n’a a priori pas nécessairement envie de faire la connaissance…

Pour l’anecdote
Pas d’anecdote particulière pour ce tome-ci, essentiellement les mêmes problématiques que dans le premier. S’ajoutent la façon de parler des uns et des autres, qu’il a bien sûr fallu conserver d’un livre au suivant, et le juste équilibre à trouver dans le ton employé par les Yurkeis, que je ne voulais pas faire passer pour de méchants sauvages ou des « Peaux-Rouges » caricaturaux. C’est d’ailleurs là l’une des grandes réussites de Colleen Oakes : nous faire découvrir les différents personnages sous leurs diverses facettes, le tout en conservant l’objectivité d’une narration à la troisième personne. C’est assez habile, et l’on finit par éprouver de l’empathie pour ceux que l’on détestait, par remettre en cause la vision préconçue qu’on avait pu se forger de certains, et par essayer de se tailler notre propre opinion en se méfiant des préjugés de chacun.
Mais de quoi ça cause ? (spoilers inside, pour ceux qui n’auraient pas lu le premier)
On avait donc laissé Dinah, la princesse de cœur, en fuite dans les Bois tordus. On la retrouve exactement au même endroit, la trilogie ne formant qu’un seul ensemble chronologique (on aurait pu avoir un très gros bouquin en trois parties). Son principal souci est bien évidemment d’échapper à son père (et à la condamnation à mort qui ne manquerait pas de lui tomber dessus si elle se faisait capturer), avant d’envisager de blanchir son nom (sauf qu’elle a bien sûr dû tuer pour quitter le palais, ce qui pose la question de la relativité de son innocence : oui, mais elle n’a pas eu le choix ; oui, mais il ne s’agissait pas non plus de légitime défense, car ses victimes n’étaient pas directement ses agresseurs).
Bref, quelques problématiques assez difficiles derrière ce texte beaucoup plus sombre que l’œuvre originale (dont on s’éloigne un peu plus dans ce tome). C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis bien en peine d’indiquer un âge de lecture conseillé pour ce texte (je ne le mettrais pas dans les mains de mon aîné, qui a pourtant lu des textes plus longs et plus ardus).

Colleen Oakes, L’Histoire de la reine de cœur – 2 – Blood of Wonderland, SNAG
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