Nouveautés 2024 (5 à 8) : Dernière danse à Oxford, Le sort qui nous lie, Les Grands Classiques de l’horreur, The Bone Season (Nouvelle Édition)

Faith Martin, Dernière danse à Oxford (A Fatal End), Harper Collins, 12 juin 2024 (446 000 signes)

En résumé

Difficultés

Pas de difficulté professionnelle majeure pour ce titre, en dehors de celles déjà affrontées précédemment (sur le registre de langue volontairement désuet et le côté so British par exemple). Quelques difficultés personnelles à cause de l’attachement que j’ai pour ce bon coroner, atteint de la maladie de Parkinson.

Genevieve Gornichec, Le sort qui nous lie (The Weaver and The Witch Queen), Sabran, 29 août 2024 (864 000 signes)

En résumé

Altea Villa/Victor Medina, Les Grands Classiques de l’horreur (Classic Scary Tales), Larousse Jeunesse, 2 octobre 2024 (83 000 signes)

En résumé

On retrouve ici quelques-uns des plus grands classiques du genre, par d’immenses auteurs historiques, considérablement raccourcis pour l’occasion (les classiques, pas les auteurs). Au menu donc, Dracula (Bram Stoker), Frankenstein (Mary Shelley), Le Cœur révélateur (Edgar Poe), L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde (R.L. Stevenson), Le Portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde), La Momie (Conan Doyle), La Maison aux sept pignons (Nathaniel Hawthorne), La Légende de Sleepy Hollow (Washington Irving), Les Pirates fantômes (William Hope Hodgson), Hänsel et Gretel (des frérots Grimm). Ce sont les vraies histoires, condensées en quelques pages, idéales pour donner une rapide culture classique à nos enfants. Le livre est entièrement illustré et en couleur, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ou redécouvrir toutes ces œuvres.

Difficultés

Elles étaient finalement assez nombreuses vu la brièveté de l’ouvrage. Le plus compliqué a été bien sûr de respecter le ton et l’époque de chaque texte, pour donner une idée du style d’origine de chaque auteur, tout en proposant une lecture accessible à un jeune lecteur d’aujourd’hui. Ainsi, chaque nouveau récit imposait de nouvelles décisions à prendre (Mr ou M. ? Tu ou vous ?), sans qu’il y ait nécessairement de cohérence globale à l’ouvrage, puisqu’il s’agit d’un recueil.

Samantha Shannon, The Bone Season – 1 (Édition entièrement revue par l’autrice), De Saxus, 28 novembre 2024 (1 220 000 signes)

En résumé

Note que ce premier tome est suivi de la novella La Rêveuse pâle (qui le précède dans le temps, mais qui figure à la fin du bouquin), entièrement réécrite/retraduite elle aussi.

(Re)mise en contexte

Ainsi, certaines scènes ont été non seulement réécrites mais entièrement revues, des personnages ont disparu, d’autres sont apparus, des thématiques chères à l’autrice sont aujourd’hui mieux traitées. La trame de l’histoire n’a pas bougé, mais le contenu est très différent, beaucoup plus mûr et engagé. Certains protagonistes manquaient parfois de constance ou de consistance, ces défauts-là sont corrigés ; davantage de graines sont semées pour la suite de la série ; la trame est plus robuste, plus étoffée. Ce n’est pas seulement comme quand Lucas reprend Star Wars avec les technologies d’effets spéciaux modernes : on est presque plus proche du remake parfois, avec un synopsis qui reste rigoureusement identique, mais une impression/compréhension générale qui diffère complètement. C’est un peu aussi comme l’adaptation télé du Trône de fer : certaines scènes étaient encore claires dans ma tête après ma récente révision de trad, mais elles n’existent plus, du coup je ne sais plus si je les ai rêvées, si elles existaient dans la première version, ou si mon interprétation initiale était défaillante, un sentiment vraiment étonnant.

Difficultés

J’avais déjà bien débroussaillé le terrain en travaillant sur les quatre premiers tomes – mon lexique devait compter dans les quatre cents entrées, mon tableau tu/vous une centaine ; je partais donc avec des bases solides, qui m’ont fait gagner énormément de temps sur cette retraduction. Le hic, parce qu’il y en a forcément un, c’est que comme l’écriture de Samantha a changé, ainsi que certains traits de caractère de ses protagonistes, j’ai bien souvent dû revenir sur des choix préalables pour rester le plus fidèle possible à l’esprit (ou au nouvel esprit) du texte. J’ai donc dû redoubler de vigilance, ainsi que l’équipe de choc à l’édito et à la correction, pour ne pas laisser des reliquats polluer le texte actuel.

Autre difficulté, d’aspect plus pratique : les précédentes versions avaient été publiées avec un système de dialogues calqué sur celui de J’ai lu (et donc de ma trad d’origine), les nouvelles le seront avec le système avec guillemets en vigueur chez De Saxus (et qui a ma préférence). C’est peut-être un détail pour vous, mais quand on révise un texte (c’est donc surtout vrai pour les tomes 3 et 4) ça veut dire beaucoup !

Prochains projets

Si je ne me trompe, je suis sur Bone Season depuis le mois d’avril de cette année, et j’en ai encore pour quelques mois avec la traduction du 5. Après quoi, l’horizon est à peu près dégagé niveau trad, à part que Samantha vient d’annoncer un nouveau roman dans l’univers des Racines du chaos, une sorte de prélude plus que de préquelle au Prieuré de l’Oranger, qui se déroulera donc chronologiquement juste avant celui-ci et bien après Un jour de nuit tombée, le deuxième opus paru dans l’univers. J’espère donc que je pourrai continuer l’aventure avec elle, après une année 2024 particulièrement shannonesque me concernant.

4 commentaires sur « Nouveautés 2024 (5 à 8) : Dernière danse à Oxford, Le sort qui nous lie, Les Grands Classiques de l’horreur, The Bone Season (Nouvelle Édition) »

    1. En effet, chaque traduction est vraiment différente, c’est ce qui rend le métier si intéressant. Intéressant aussi de constater à quel point deux traductions justes peuvent être dissemblables, sans que l’une soit objectivement meilleure que l’autre ! Un peu comme le Bone Season d’origine et la nouvelle édition finalement

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  1. Merci beaucoup pour Bone Season ! Je le conseille vivement à la librairie ! Je vais me lancer dans Le sort qui nous lie, une fois que j’aurai terminé le livre que j’ai entamé hier soir !

    A bientôt

    Lisa

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